Petri de douleur depuis quelques temps pour cause de crise de sciatique aigüe, je cherche bien évidemment des façons de me soigner. Et puis attends, des rencontres, une transition qui avance toujours, des appels, des élans, et me voilà en train d’écrire une lettre à ma sciatique pour lui dire… quoi ? à découvrir ci-dessous.

Il ne m’était absolument pas venu à l’idée de la publier, mais ma chère et tendre Justine m’a soufflé que ce serait bien… Alors voilà : bonne lecture !

Lettre ouverte à ma sciatique

Ma chère sciatique, cela fait maintenant 3 mois que tu es arrivée dans ma vie. Une nouvelle compagne, de plus en plus présente jour après jour, jusqu’à t’imposer à chaque minute, jour et nuit.

Au début je t’ai accueillie avec joie, pour avoir identifié que c’était ma hernie qui avait évolué et qui me donnait un dernier signal avant son départ de mon corps. Je voyais donc ton existence comme un soulagement à venir.

Du coup je n’ai pas fait très attention et ne t’ai pas ménagée. Du tout. Travaux extérieurs, charges lourdes, déménagement, torsions dans tous les sens… bref, j’ai compris alors que ma hernie était une chose, et que toi, une autre. Indépendante, avec ton caractère propre. Vous êtes toutes deux intimement liées, mais j’ai bien compris que tu étais un symptôme, un avertissement, un signal à toi toute seule.

Grâce à toi, je découvre de nouvelles douleurs, un nouvel handicap. Cela me permet de mieux comprendre ma douce Justine, qui souffre en permanence de son dos, elle aussi. Car jusqu’ici mes crises étaient certes violentes, mais passagères. 2 ou 3 semaines tout au plus. C’était ma hernie. Je ne te connaissais pas encore, chère sciatique !

Grâce à toi, je prends plus de temps sur l’ordinateur. Malheureusement, je n’en ai pas encore fait complètement bon usage et n’ai pas significativement avancé sur des sujets importants. Mais quand même, je m’y remets. Et le goût de ce travail là revient peu à peu, je crois. Sans doute devrais-je par la suite mieux équilibrer mon temps pour m’assurer un épanouissement total. Les 90% de temps dehors ou à bricoler, annoncés comme mon bien-être depuis plusieurs mois, sont sans doute un leurre. J’y prendrai donc garde à l’avenir.

Au delà du travail numérique, la violence perçue de ta douleur depuis trois bonnes semaines maintenant m’a incité à accorder plus de temps à la réflexion autour de la conception de Tucaud. Et ça, ce n’est pas rien non plus ! Sans doute, si j’étais resté dans la même intensité que les trois premières semaines sur le lieu, n’aurais-je pas cultivé la gymnastique de prendre du recul sur le programme, sur les choses à faire ; sans doute la pression se serait-elle accrue au fil des semaines sans que je sache véritablement la gérer.

En effet, Justine et moi nous répétons à loisir qu’il ne faut pas se mettre la pression ; mieux vaut bien faire que vite faire. Mais au fond de moi, très personnellement, je ne suis pas certain de bien intégrer cela. Charge à moi, donc, d’y travailler. Et ta présence, ne serait-ce que par ces quelques lignes que je tape à l’écran, m’y invite. En cela je te remercie.

Enfin, si tu perdures ces quelques jours qui viennent, et m’incite ainsi à prendre la décision de ne pas rejoindre mes amis à Madrid, je comprendrais qu’il en sera mieux ainsi et concentrerais mon énergie à accepter ma déception tout en relativisant. Economies de sous, c’est sûr. Mais à mon avis l’essentiel est ailleurs. Peut-être que ces quelques jours auprès de mes beaux-parents, échangeant sur le design en cours, me (et nous) seront fort bénéfiques. Sans doute aussi d’autres éléments bénéfiques existent-ils, que je ne saurais identifier aujourd’hui.

Si toutefois tu me laisses finalement partir le week-end prochain, c’est que le moment sera venu. Et j’en serais heureux.

L’important dans tout cela, tu l’auras compris je l’espère, c’est que je veux te faire confiance quant à la légitimité de ta présence à mes côtés en ce moment. Je ne souhaite pas forcément tout comprendre ; mais je te fais confiance.

Je nous fais également confiance pour que lorsque toi et moi le jugerons opportun, consciemment ou pas, nous nous séparions bons amis, prêts à nous retrouver un jour au besoin. ;-).

Cette souffrance, avec du recul, n’est sans doute pas grand chose à côté des enseignements et autres bénéfices que tu m’apportes. Ainsi je t’accueille pour que tu te sentes bien ici et que tu y fasses tout le travail nécessaire.

Quel que soit le temps que tu restes, je t’aime, chère sciatique. Car je crois savoir qu’en fait, tu es moi. Paix sur toi ; paix sur nous.

Lettre d’un fou à lui même ?

Crédit image : http://www.osteopathe-clermont-ferrand.fr/osteopathe-pour-sciatique-et-cruralgie/  

Catégories

Derniers articles

Je réserve !

Menu