St’hopineo dans les Alpes, la suite : 90 km, 3 conducteurs

  1. Accueil
  2. Carnet de voyages
  3. St’hopineo dans les Alpes, la suite : 90 km, 3 conducteurs

90 km, 3 conducteurs, dont 1 qui monte une chambre d’hôte…

Le stop étant une pratique en chute libre dans l’hexagone, et Hopineo en étant tombé raide dingue, nous avons décidé de relater régulièrement nos différentes expériences en la matière. Façon d’une part de rendre hommage et de dire un grand MERCI à tous ceux qui auront bien voulu nous pousser (« poucer » ?) le long de la route, et d’autre part de convaincre qui veut bien l’être qu’il fait bon faire du stop dans nos contrées.

Pour découvrir notre toute première expérience, c’est par là…

Un séjour aux délicieux Méans plus tard, nous revoilà sur la route. Nous devons désormais nous rendre à Ancelles, charmante petite bourgade qui se situe de l’autre côté des montagnes, à environ 90 km. Ne nous leurrant pas, nous envisageons surtout de rejoindre Gap. La famille que nous rejoignons sera susceptible de venir nous chercher là-bas. Grand mal nous fasse ! Nous relatons ici comment nous avons été encore plus convaincus des bienfaits du stop, et comment, à notre grande surprise, nous sommes arrivés à notre destination finale exclusivement grâce à nos pieds, nos sourires et Valéry, Henry et Ryan.

St’Hopineo 2 : Les Méans / un peu plus loin au croisement de la route de Dignes

Revenons aux Méans : D900, assez passante. Il est 10h du matin et le bus passe à 10h30. Parfait, on se donne donc la trentaine de minutes pour voir si nous aurons autant de chance que la veille. Nous avions, par précaution, déjà préparé notre petit A4 artisanal indiquant « GAP » en lettres capitales.

Quelques minutes plus tard, une voiture s’arrête. Celle-ci se rend à Dignes. Ce n’est pas  notre destination finale, mais ça nous poussera tout de même un peu.

Nous montons dans le pick-up et faisons la connaissance de Valery. C’est là que les choses deviennent rigolotes : après lui avoir expliqué notre projet de manière assez succincte (en stop, on n’a pas non plus toute la journée !), Valery nous explique qu’il est super intéressé car il souhaite monter une chambre d’hôtes depuis quelques temps. Votre projet Hopineo, la base de données de bonnes pratiques, c’est exactement ce que je cherche et ce dont j’ai besoin pour monter mon établissement ! Après avoir vadrouillé un peu partout sur la planète, d’Afrique en Australie, il s’est installé dans la vallée et a acheté… des lamas ! – animal dont il est tombé amoureux en Australie, où il est apparemment fort répandu. En fait, il semblerait que ce soit un excellent animal de bât.
Une chambre d’hôtes dans les montagnes, des lamas, encore un projet qui nous laisse rêveurs. On échange donc nos coordonnées en se disant que la vie fait bien les choses et éventualisons de mettre Valery et sa future chambre d’hôtes sur notre route cet été. 

En plus, Valéry a vécu plusieurs années à Abidjan, Côte d’Ivoire, pays d’adoption de Mahery, comme il aime à le dire. Autant dire que la complicité est immédiate.

Quelques partages de souvenirs plus tard, la route pour Dignes quitte celle de Gap, Valery nous dépose donc au carrefour.

St’hopineo 3 : Quelque part sur la D900 / GAP

Remontés à bloc par cette chaleureuse et fort sympathique rencontre,  nous nous remettons en quête d’une nouvelle bonne âme qui accepterait de nous avancer encore un peu plus vers Gap. La route n’est pas très passante et nous sommes juste avant un carrefour et ratons donc toutes les voitures arrivant de la gauche.
Nous décidons donc de nous placer à 2 endroits différents. Plus stratégique. Mais du côté de Justine, aucune voiture ne passe ; du côté de Mahery, aucune ne s’arrête (étonnant !). Mais il nous en faut bien plus pour nous décourager !

Enfin (à peine un quart d’heure plus tard en fait), une voiture arrive du côté de Justine et… s’arrête ! Mahery s’empresse de la rejoindre, ce qui ne semble pas – trop – décevoir le conducteur, Henry.

Bon, il y a plein de poil de chat blanc, et Justine porte un pantalon noir, mais loin de nous l’idée de faire les fines bouches. Henry se rend à Aspres-sur-Buëch, Gap est donc sur sa route.
Nouvelle rencontre fort intéressante. Henry travaille dans un centre éducatif renforcé, une alternative à la prison pour les jeunes de 13 à 18 ans, envoyés par des juges pour enfants. C’est une première pour ce jeune éducateur spécialisé qui n’avait jamais travaillé dans ce type de structure. A noter qu’il fait quand même 220km aller-retour tous les jours pour se rendre sur son lieu de travail ! Il faut être motivé !

Le principe de ce centre éducatif renforcé (CER) est le suivant : les jeunes passent 4 mois dans l’établissement et suivent un programme d’immersion dans les montagnes. Les 2 premiers mois, ils pratiqueront donc des activités de montagne : escalade, randonnée, VTT, canyoning…
Dans le CER, pas de force de l’ordre. Les éducateurs se relaient pour qu’il y en ait 2 en permanence, pour 6 adolescents.

Henry nous explique avec passion son métier, au fur et à mesure que défilent montagnes et vallées.
On lui parle également d’Hopineo, et on emporte avec nous un converti supplémentaire :).

Henry nous dépose peu après l’entrée de Gap : « A la revoyure ! »

St’hopineo 4 : GAP / Ancelles

Le vrai challenge commence maintenant : nous devons désormais monter jusqu’à Forest Saint Julien, ou Ancelles, un peu plus haut dans les montagnes. Plusieurs choix s’offrent à nous : 1. nos prochains hôtes (la famille) peuvent venir nous chercher en voiture, 2. il y a un bus à 15h, juste le temps de déjeuner, 3. continuer à « st’hopineoer », parce que c’est un formidable moyen de transport permettant rencontres, échanges et partage.

Peu d’hésitation au final : nous optons de nouveau pour le stop, même si l’aventure promet d’être un peu plus compliquée cette fois-ci, notre destination n’étant pas la plus prisée du coin.

Nous revoilà sur la route, pouces levés. En pleine ville, personne ne s’arrête. C’est logique. On apprend. Nous nous dirigeons donc vers la sortie direction Grenoble. Toujours rien.

Un champsaurin qui passait par là nous conseille de monter encore un peu. Après 15 ans de stop, il connait les spots ! Nous suivons donc son conseil et avons à peine le temps de nous y remettre qu’une voiture s’immobilise. Quelle chance ! Si seulement ça s’arrêtait là…

On demande au conducteur s’il peut nous avancer sur la route Napoléon pour qu’on puisse trouver quelqu’un qui nous emmène à Ancelles, qui est la station de ski la plus proche de notre destination. « Ancelles ? Et bien c’est là que mon fils et moi nous rendons pour skier un peu, et comme ça, vous allez même pouvoir nous indiquer la route si vous la connaissez ! ».  Et bien si ça ce n’est pas une sacrée aubaine ! Nous qui nous attendions à devoir prendre au moins 2 ou 3 voitures pour arriver à destination !

Et hop, direction Ancelles, avec Ryan et son papa, qui ont fait la route de Toulon pour profiter de 3 jours à la neige. Ryan skie pour la 4ème fois, et semble apprécier à sa juste valeur ces moments privilégiés avec son papa.

Nous parlons de Corse, où la grand-mère habite, de Paris, qu’ils se sont empressés de fuir, de la quiétude des montagnes… Encore une belle rencontre. Vu qu’ils logent à Gap, ils nous proposent même qu’on fasse la route ensemble tous les jours !

Nous repensons à nos échanges avec Ludo (qui a fait le tour du monde en stop) : c’est vrai que le stop est un bon moyen de se rendre compte de la bonté de l’espèce humaine…

Catégories

Derniers articles

Je réserve !

Menu