Communautés à Tucaud, sociocratie en Sud-Gironde

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Stage en sociocratie et construction de communauté. « Une communauté éphémère pour apprendre, échanger, partager des outils et techniques en vue de contribuer à un monde meilleur, essentiellement sur la base des outils de la sociocratie et de l’éthique de la permaculture. »

Cet eco-lieu que nous concevons et développons pièce par pièce, graine après graine, a entre autres vocations d’accueillir divers stages et expérimentations collectives – « expérimenter » et « transmettre » constituent pour partie sa raison d’être.

Nous imaginions commencer dans quelques temps, un ou deux ans. Mais voilà qu’il y a quelques semaines, une nouvelle opportunité toque au portail vert de la propriété (et à la porte arc-en-ciel de nos esprits), par l’intermédiaire de notre nouvel ami David ; accueillir un stage à l’intitulé prometteur : Community Building Experience.

Banco ! Après de premiers échanges fructueux avec le facilitateur d’apprentissage Rakesh, Maud, alors occupante de Tucaud, prend les rennes de la coordination de l’événement.

La sociocratie, c’est quoi ?

Le 30 mai dernier, nous voilà une douzaine de personnes d’ici et d’ailleurs, réunis autour de la table. Les chattes n’en prennent pas ombrage et gardent leur calme et habitudes, Makao (le chien) prend le pouls des uns et des autres (et notamment de Zéro, un nouveau pti pote canidé arrivé avec sa maitresse pour le stage), et Panpan le lapin continue impassiblement de déguster son foin.

Les chambres sont pleines, Mon Pti Pote et la Rêvolution aussi ; même le champ accueille quelques tentes. Chacun est libre d’opter pour sa meilleure solution de confort.

Et c’est parti pour une semaine de sociocratie, de construction de communauté éphémère – mais probablement durable – et de conceptions diverses sur fond d’éthique de la permaculture ; le tout en anglais appuyé de solides traductions par l’incroyable Charline d’abord, puis d’autres sur la fin du stage. Super excitant !

Les deux premiers jours sont largement dominés par la théorie. Selon les cas, nous (re)découvrons la sociocratie au travers de ses outils, de sa philosophie et de son impact potentiel sur notre monde en mouvement.

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Pour des réunions efficaces, précises, éclairées, fructueuses, ou chacun à égale voix au chapitre et qui facilitent la prise de décision, découvrez la sociocratie : outils et méthodes de travail collectif pour une gouvernance partagée au sein de projets et d’organisations.[/bsf-info-box][/ult_content_box]

Ces deux jours sont aussi le terrain de mise en pratique des premiers outils proposés.

Premières fondations de la communauté : une vision (objectif), une ou plusieurs stratégies pour y répondre (moyens), un temps imparti.

Nous décidons ensuite collectivement du déroulement de la semaine, définissons les rôles de chacun, réalisons nos premières élections sans candidat et rédigeons l’emploi du temps : ateliers de fabrication, designs en permaculture, compléments de sociocratie, jeux et jeux de rôles, travail qui reconnecte, sortie… Ce sont les participants qui décident de tout ! Et grâce aux processus de la sociocratie, à la bienveillance et à la participation consciente (voir plus bas), ça se passe bien ; et même très bien !!

Exercices, apprentissages, réalisations collectives

stage sociocratie tucaud

Il est convenu que nous ferons chaque jour quatre sessions de 1h15, avec en plus des sessions optionnelles menées par les uns ou les autres après le déjeuner et en soirée.

Ces sessions s’enchaînent donc à un rythme soutenu. Quel en fut leur contenu ? Difficile d’énumérer ici la richesse et la diversité des enseignements proposés. En voici néanmoins quelques exemples :

Travail qui reconnecte :

Dans un monde où, globalement (pardon d’établir de grandes lignes), l’individualisme, la surconsommation et l’urbanisation galopante des terres et des cerveaux guident nos choix, nos réflexions et nos actions, avez-vous entendu causer de la reconnexion à soi ? à la nature ? aux autres ?

C’est l’objet de cette « discipline », ou ensemble d’exercices et techniques : réflexions guidées pour savoir ce que l’on veut, prendre le temps de respirer, de s’inspirer et d’inspirer (tiens, ça me rappelle quelque chose…) ; pour développer l’empathie envers l’ensemble du vivant ; pour apprendre à se livrer (dans la confidentialité) et à écouter l’autre, simplement ; pour prendre conscience de notre soi profond, de nos qualités et de la beauté de notre chemin individuel.

Résultats ? beaucoup d’émotion et un impact durable sur nos prises de décisions, petites et grandes.

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A titre d’exemple, je me suis retrouvé dans un Conseil de Tous les Êtres Vivants jouant le rôle d’une……. limace ! Ce mollusque dont j’ai permis à un certain nombre de représentants d’expérimenter le vol plané d’une distance d’environ 100 à 200 fois sa taille ( !! ) au printemps dernier. Autant vous dire que depuis mon retour à la réalité à la sortie du Conseil, je ne traite plus l’animal de la même façon !… C’est un peu ça développer l’empathie envers l’ensemble du vivant. La perspective et la perception change ; un peu, beaucoup ? A chacun de voir… 😉

Travail qui reconnecte sociocratie permaculture tucaud
Mahery deguisé en limace…

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Fabrication de biochar : cuisiner, se soigner, agrader la terre et favoriser les cultures

Le charbon actif, ça vous parle ? Il s’agit comme vous le savez sûrement de bois réduit à l’état de pur carbone (plus d’info : http://www.charbonvegetal.net/). Seul hic, ce produit aux qualités hors norme ne peut s’obtenir qu’en laboratoire.

Et bien le « BioChar », c’est la même idée, mais fabriqué maison. Du coup forcément moins pur que le charbon actif. On peut néanmoins l’utiliser pour les mêmes bienfaits et notamment pour les cultures. En effet, il est dit qu’un gramme de BioChar offre aux microorganismes et nutriments la même surface de parois  qu’un terrain de… tennis !

Après l’avoir « chargé » de matière organique dans votre compost ou dans un bain d’orties par exemple, intégrez-le dans la terre de vos cultures ; résultat assuré ! Il peut également servir dans le compost des toilettes sèches pour absorber les bactéries et éventuelles odeurs (même si théoriquement, avec un compost bien fait, il n’y en a pas vraiment ;-).

L’un des ateliers de la semaine fut consacré à la fabrication d’un four à BioChar exclusivement à partir de matériel recyclé : un morceau de conduit de chaudière, un vieux pot de lasure et un autre de peinture et le tour est joué en… 30 min !

Encore plus écolo qu’un poêle de masse, la combustion se fait par le haut et « assèche » ainsi le bois sans le brûler à proprement parler. Pendant la chauffe (de 20 min à 2 ou 3h selon la taille du « four »), on peut en profiter pour faire son barbecue ou cuisiner avec ses poêles ou casseroles.

Selon les matériaux utilisés pour le four, attention néanmoins aux premières utilisations où les résidus de matière contenues dans les pots ou conserves s’évacuent.

Ah oui : en plus, le biochar est une solution au changement climatique !… Plus d’info sur le BioChar

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De nombreux autres exercices et réalisations :

Nous avons aussi eu l’opportunité de travailler sur les designs en permaculture des projets des uns ou des autres, d’expérimenter le « Voyage du Héros » (le héro étant… vous), superbe exercice à la fois d’introspection et de story telling, de faire découvrir le Joyeux marché (marché très local festif de producteurs alternatifs), d’aller plus loin dans l’exercice de la sociocratie et bien sûr d’expérimenter la résolution de conflit grâce au « Forum », que nous avons expérimenté par deux fois en soirées.

Impossible de faire le résumé de tout ici, mais quels enseignements tirer de tout cela ?

Une solution pour le monde (on a pas dit « LA solution »)

L’imperfection, mère de décisions

La vision définie collectivement pour ces six jours était à peu près la suivante : « Une communauté éphémère pour apprendre, échanger, partager des outils et techniques en vue de contribuer à un monde meilleur, essentiellement sur la base des outils de la sociocratie et de l’éthique de la permaculture. »

Pas très agréable à lire ? Oui mais c’est précis. C’est en fait « Good enough for now, safe enough to try » (traduisez : «  Satisfaisant pour l’instant, suffisamment sûre pour essayer »).

Et voilà une première belle leçon susceptible de faciliter la vie des projets et organisations et la prise de décisions collective : inutile d’attendre la solution parfaite pour commencer. Si la solution proposée s’inscrit dans la vision définie, et ne compromet pas le projet, alors allons-y !

Nous pourrons toujours y revenir plus tard pour l’améliorer. Un groupe de travail se penchera sur le sujet et reviendra vers le groupe avec une proposition de solution enrichie.

La participation consciente : du bon sens pour de bonnes réunions

En anglais : « Artfull participation » (l’art de la participation) ou « Heartfull participation ». (participation avec le cœur) ; c’est je crois l’une des pierres angulaires de la sociocratie.

Une gymnastique emprunte de bon sens à cultiver et développer pour d’une part faciliter l’efficacité des réunions et la prise de décisions collective, et d’autre part favoriser la mise en place d’une atmosphère propice à l’épanouissement personnel et à la construction collective. Entre autres principes :

  • Cultiver la volonté de construire : mûrir sa pensée avant de prendre la parole afin d’assurer la pertinence, la clarté et la concision de ses propos.
  • Laisser de côté son égo (au maximum) : ne pas répéter un propos déjà exprimé par une autre personne ; privilégier l’expression de son accord ou sa réserve au dit propos par des gestes.
  • Favoriser l’expression de tous, croire dans le collectif : ne pas monopoliser la parole afin de laisser l’opportunité à chacun de pouvoir s’exprimer dans le temps imparti pour les échanges en cours ; bien sûr éviter de couper la parole. Enfin respecter des tours de parole.
  • Faciliter l’efficacité des échanges : exprimer son accord ou sa réserve par gestes plutôt que par réactions orales ; grâce à la mise en place d’un code commun, ne pas hésiter à alerter, avec force bienveillance –toujours, la personne qui s’éloigne de l’objet de la discussion.
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Flexibilité et bon sens (encore)

La sociocratie, c’est bien ! Mais ce n’est pas un dogme, ni une philosophie. Ce sont des outils. S’ils sont adéquats et pertinents pour des réunions « politiques » (entendez celles où l’on décide des cadres, des règles, des stratégies), ils ne le sont parfois pas pour des réunions plus opérationnelles, ou encore des réunions à 2 ou 3 personnes.

C’est donc le bon sens et l’expérience qui doivent pouvoir guider le recours à ces outils en fonction des cas. Une société, une organisation ou une entreprise n’est pas sociocratique. Elle en emploi des outils et des méthodes à bon escient, et notamment pour ce qui concerne la prise de décisions stratégiques.

La force du – petit – nombre.

Il est possible de mener des réunions avec 40, 50 ou 100 personnes… Mais c’est compliqué ! L’un des objectifs de la sociocratie est la recherche de l’efficacité ! Etant scientifiquement prouvé que plus de 1h30 / 2h de concentration sans pause relève presque de l’impossible, être nombreux en réunion semble ne présenter que peu d’intérêt.

En privilégiant des groupes et sous-groupes (cercles) de 20 personnes au plus, on favorise la participation active et consciente et l’efficacité recherchée. En travaillant les liens entre les groupes, on obtient facilement une représentativité efficace pour prendre des décisions pertinentes à grande échelle, où chaque individu composant l’organisation concernée a pu enrichir la réflexion et en optimiser la pertinence.

Autres principes utiles

La transparence, la culture du doute et la remise en question, la libre parole, le consentement, le double lien entre les cercles, les élections sans candidats, la célébration de chaque décision collective, et j’en passe… autant d’outils et de principes qui fluidifient les échanges, favorisent l’adhésion, enrichissent les décisions et permettent tout simplement à une organisation ou à un projet de fonctionner de façon optimale et surtout d’obtenir les meilleurs résultats.

En tout cas, c’est ma conviction et le fruit de ma petite expérience avec le collectif Hopineo, où l’on exerce une partie des outils de la sociocratie depuis plus de deux ans. Et autant dire que j’espère fort que l’on en intègre encore plus dans un avenir proche !

Imaginez maintenant que ces principes et outils (et tous ceux que vous découvrirez en fouillant sur internet et / ou en sollicitant un facilitateur d’apprentissage) soient appliqués dans votre organisation. Et sur votre territoire. Dans notre société. Dans le monde…

Faites-vous un avis, partagez-le ici et échangeons !

Et vivement les prochaines expériences collectives à Tucaud ! Celle-ci comme les autres nous a apporté son lot de belles rencontres et de moments exceptionnels.

Prochaine étape formelle, un stage de formation à la Permaculture (PDC – CCP en français) au Printemps, toujours avec Rakesh en facilitateur d’apprentissage. D’ici là, restez connectés sur Facebook ou ce blog pour des chantiers participatifs… ils arrivent en pagaille à Tucaud !

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