Plongée dans le tourisme durable en Dordogne

En référençant des structures pour notre tour de France de cet été, nous tombons sur le site du Domaine de la Rhonie, sis sur la commune de Meyrals, près de Saint-Cyprien, en Dordogne. Vous ne connaissez pas ? c’est normal ! C’est aux tréfonds des vallées rurales de cette magnifique région, qui abrite tant de châteaux et manoirs  situés dans quelques uns des plus beaux villages de France.

Après un premier échange de mail prometteur, Marie-Rose Ampoulange, 8ème génération propriétaire du domaine, nous convie à venir lui rendre visite les 5 et 6 avril, afin que l’on puisse assister à un événement qu’elle met en place à l’occasion de la semaine du développement durable 2014.
Les billets de train sont pris et, après 6h de voyage dont 2h de micheline vintage, nous sommes accueillis le vendredi soir à Saint-Cyprien par Marie-Rose et Pascal, qui réalise pour Campagnes TV un reportage sur 10 agricultrices pendant un an.

Car non seulement Marie-Rose et Serge, son mari, gèrent un hôtel 3* de 12 chambres, un gîte et le restaurant qui va avec, mais ils sont également exploitants agricoles « dans le gras » ; comprenez les oies et leur foie gras.

Passée la première soirée, nous dormons du sommeil du juste et nous réveillons le samedi matin, prêts pour ouvrir grand nos yeux et nos oreilles pour découvrir le domaine et le programme concocté par Marie-Rose.

Premiers pas en plein jour : chevaux, cabanes ancestrales en pierres plates, forêt, grottes… nature, constructions et humains baignent dans une rare harmonie. Nous sommes sous le charme.

Pour tout savoir sur le domaine de la Rhonie, c’est par ici.

Marie-Rose, le cœur du tourisme durable en Périgord Noir.

Le samedi 5 avril, Marie-Rose a réussi à réunir pour la deuxième année consécutive les plus importants acteurs du tourisme de son territoire pour les impliquer bon gré mal gré dans la mise à l’honneur du tourisme responsable. Cette fois-ci, elle les fédère autour de deux innovations majeures qu’elle s’apprête à mettre en place : le « bâton conteur » et les « ateliers nature ».

Le premier est un audio guide sous forme de bâton de marche (futé !), qui vous emmène sur les sentiers autour du domaine de 45 hectares, présentant ses richesses et témoignant des traditions ancestrales à travers la voix du père de Marie-Rose. Nous découvrons cet outil grâce à 3 étudiants en BTS « environnement et aménagement du territoire », qui ont porté le projet et piloté sa mise en œuvre au cours de leur année d’étude. La ballade à travers bois et champs dure une petite heure, durant laquelle nous sommes projetés quelques décennies en arrière en passant devant la filature, la forge, le lavoir ou la source où le père de Marie-Rose allait chercher l’eau avec sa cruche de 5 litres.

Après un excellent déjeuner préparé par Serge et la maman de Marie-Rose, l’après-midi s’ouvre avec une série d’interventions du président du Comité Départemental du Tourisme, de la présidente de la communauté de communes, celui de la Chambre de Commerce et d’Industrie, du maire de Meyrals et… d’Hopineo ! (Encore un grand merci de nous avoir si généreusement accordé quelques minutes pour présenter notre projet, pour lequel l’accueil positif et chaleureux et les encouragements furent quasi unanimes – ça fait toujours du bien ! ;-).

Passés ces quelques nécessaires discours politiques, dont certains à l’authenticité toute relative, nous attaquons les choses sérieuses avec le lancement des « Ateliers Nature », mis en place par Francis, qui seront proposés aux petits et grands pendant les vacances scolaires de la saison. Les objectifs de ces cinq ateliers sont multiples :

  • développer une animation pour les enfants de la région,
  • créer du lien entre les enfants des touristes et ceux du coin,
  • permettre aux enfants de reconnecter avec la nature en la comprenant profondément,
  • valoriser le patrimoine environnemental local,
  • proposer des activités aux familles de touristes, véritable enjeu et valeur ajoutée pour le domaine, et donc vecteur de réservation et de business,
  • créer un emploi et des revenus stables pour l’animateur, par ailleurs auteur de bandes dessinées.

En bref, le social, l’environnemental et l’économique réunis de façon cohérente et naturelle au sein d’un même dispositif. C’est ce qui guide chaque décision de Marie-Rose ; et nous sommes là encore sous le charme de cette nouvelle rencontre, voire de cette amitié naissante, qui démontre qu’agir de concert pour le bien commun et le développement économique de son entreprise, de son territoire et de ses partenaires, n’est pas seulement possible mais facteur clé de réussite et de pérennité. C’est pour nous un encouragement vecteur d’espoir infini.

Apprentissages et rencontres :

Cet événement auquel nous avons eu l’opportunité d’assister nous aura permis de multiplier les rencontres intéressantes, de confirmer et d’apprendre pas mal de choses :

  1. La responsabilisation du secteur touristique en est encore à ses balbutiements et les responsables politiques locaux sont encore loin d’être moteurs sur le sujet. L’avenir du secteur repose, comme pour beaucoup d’autres pans de l’économie, sur les initiatives – individuelles ou collectives – de la société civile et des acteurs privés.
  2. Les professionnels du secteur qui s’engagent dans une démarche responsable, s’ils sont déjà un certain nombre, demeurent isolés. Ils éprouvent unanimement le besoin d’être mis en réseau, de trouver une oreille attentive, concernée et constructive.
  3. Aussi nombreuses soient-elles, les initiatives nationales ou internationales qui se veulent fédératrices et potentiellement structurantes pour le tourisme durable sont peu connues, voire pas du tout, et n’ont donc qu’un impact mineur ; que ce soit auprès des structures d’hébergement, des institutions comme les offices de tourisme ou les CCI, ou auprès de société de conseil spécialisées en tourisme durable, fussent-elles nationales.
    Cela pose selon nous le problème du modèle de fonctionnement de ces initiatives. En effet, si elles paraissent toutes bonnes à priori, et emportent notre adhésion de principe, force est de constater leur malheureuse inefficacité. Besoin de structuration ? de professionnalisme et de sortir du bénévolat ?
    Nous espérons apporter des éléments de réponse au fil de nos aventures et apprentissage…

Dans tous les cas encore un grand merci à Marie-Rose et Serge pour leur accueil chaleureux et bienveillant !

Hopinnovations au domaine de la Rhonie :

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